La promenade Derrière-le-Lac (devenue promenade Auguste-Fallet), vers 1910.
Photo André Kern. Crédit Musée de l’Elysée.
« Le vieil Yverdon », éditions de la Thièle, Yverdon-les-Bains, 1994, p.51.
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L’immeuble doté d’une cheminée abritait la fabrique de pâtes Jules Besson, transférée en 1908 au bord du lac, sur la rive droite de la Thièle. On a édifié à son emplacement le garage des Remparts, auquel se substituera par la suite le Crédit suisse.
Déjà utilisé dès le moyen âge pour les jeux, et surtout pour le tir à l’arbalète puis au mousquet, le magnifique espace polyvalent de la place d’Armes, vide au centre et défini par des allées de marronniers, presque aussi vaste que la ville ancienne, a suggéré aux édiles de la fin du siècle l’échelle des ambitieux projets du collège et du casino, réussites incontestables, réalisées par des architectes alors très en vue. Le coût du collège, comportant certes de considérables dépassements, s’est monté à l’équivalent d’un budget annuel communal de l’époque. On attendait de l’édifice qu’il transforme la petite bourgade paysanne et industrielle en une ville élégante. Voici ce que déclarait la Municipalité pour défendre son projet : « Le cadre des hauts marronniers, la forme de la place, le fond qui se dessine dans le Jura, tout semble destiné à parer au mieux l’édifice qui serait appelé à remplacer noblement la masure qui porte le nom de douane. L’entrée dans notre bonne ville serait d’un effet citadin et de bon goût, et la première impression qui doit toujours être ménagée pour l’étranger à son arrivée serait sans doute très favorable à notre cité. »
Avec l’apparition du chemin de fer en 1855 et surtout l’inauguration de la gare en 1859, la place d’Armes n’est plus simplement comme auparavant « derrière la ville » - une ville qui n’ajamais été tournée vers le lac. Elle lui sert au contraire de parvis. Ses promenades agrémentées de marronniers vont maintenant conduire le visiteur en ville. Flanquées de beaux édifices, elles doivent l’impressionner et rehausser le prestige de la petite cité.
L’implantation du collège répond positivement à de tels objectifs, puisqu’on recommence peu après avec son pendant, le casino-théâtre, à l’autre extrémité de la place. A la silhouette sévère du premier, inspirée de la Renaissance italienne et chargée d’exprimer la culture classique et latine, celle des élites donc, s’oppose celle plus fantasque, plus légère, du casino, qui invite le voyageur à profiter des délassements que propose la cité thermale.