Le casino, peu après l’inauguration du 10 décembre 1898.
Crédit Editions de la Thièle.
« Le vieil Yverdon », éditions de la Thièle, Yverdon-les-Bains, 1994, p.65.
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Le comité de l’exposition cantonale qui s’était tenue sur la place d’Armes a fait don à la ville de ses bénéfices, soit 80 000 francs, pour autant que celle-ci construise « une salle des fêtes convenable et pratique, pouvant servir aux nombreux usages pour lesquels notre casino (situé alors au-dessus du café du Château) est devenu notoirement insuffisant... Le futur casino, agrémenté d’une terrasse ou d’un jardin, constituera un lieu de rendez-vous convenable pour les nombreux étrangers qui apprécient la contrée et viennent y séjourner durant la belle saison. » Une salle « aérée convenablement » y sera aménagée, « adaptable à tous les genres de représentations, depuis V opéra jusqu’à la soirée familière, sans oublier les ventes de bienfaisance ». Le choix de son emplacement apparaît évident à tout le monde, il fallait en effet « profiter de l’heureuse harmonie de la place d’Armes pour symétriser ses extrémités en donnant un vis-à-vis monumental au non moins monumental bâtiment scolaire ».
Le concours est gagné par le bureau d’architectes Bezence-net et Girardet, de Lausanne, auteurs notamment de l’Hôtel des postes de la place Saint-François, en cette ville. Les travaux de maçonnerie sont confiés une fois encore à John Landry. L’ar-chitecture de l’édifice répond aux désirs exprimés : l’implantation isolée et la forme ramassée font référence au manoir ou au trianon ; la façade principale, étirée en longueur et très ajourée, s’inscrit dans la tradition des buvettes ou colonnades thermales. La salle doit être largement ouverte pour accueillir le visiteur, qui sera séduit voire amusé par l’ornementation abondante néo-baroque d’inspiration française (Louis XV).
L’édifice a malheureusement subi deux transformations, l’une par Louis Ruche en 1932, qui touche surtout l’intérieur, l’autre par le bureau Dormond et Du Pasquier en 1958, qui ont asséché et appauvri l’ensemble, pour un résultat analogue à celui des Magasins Réunis. Le kiosque à musique, implanté en 1925, est une adjonction heureuse, mais demeure relativement peu exploité.